Mardi, 18 décembre 2007
Le type tapait. "Qu'est-ce que tu fous ?" lui demanda l'autre gars ? "Je tape." répondit-il. Il aurait difficilement pu dire mieux. Pourtant, l'autre insista. "Qu'est-ce que tu tapes, dis ?" "Un billet." "Je m'en doute, mais quoi, comme billet ?" Se concentrer sur ce qu'il tapait tout en évitant de se braquer sur ce que l'autre lui voulait rendait le type nerveux. Il komençait à faire des fautes de tape.
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Samedi, 20 octobre 2007
Le disciple Kabuto ratisse les feuilles qui parsèment l'allée du jardin à thé. Il est absorbé dans la contemplation des rondes arabesques des hyménoptères. Maître Senshi passe par l'allée pour se rendre au sanctuaire et remarque la concentration du disciple. Mécontent de son inefficacité au travail, il l'interpelle. – « Kabuto, en quoi ta sotte contemplation te mène-t-elle au satori ? »
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Mercredi, 29 août 2007
Jared était encore arrivé 21 minutes trop tard. Son patron n'aimait pas
trop ça. Et à vrai dire, Jared non plus. Très peu pour lui, les
remarques glaciales et autres joyeusetés.
— Monsieur McCormick, c'est la 3e fois que vous vous présentez à votre poste au-delà de l'heure d'arrivée réglementaire.
— Je...
— Vous n'avez plus droit à l'erreur, Monsieur McCormick. Merci d'agir en conséquence.
— Oui, Monsieur.
Jared avait peur qu'il ne pût rien faire pour éviter le retard qui lui serait fatal.
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Mardi, 12 juin 2007
Blanc immaculé
Sempiternelles gouttes
Tombent et mouillent
--- Les puristes pourraient déclarer que mon haïku est plutôt un moki, car il ne contient pas de kigo en bonne et due forme. J'arguerais que c'est peut-être vrai en Belgique, mais que dans la plupart des autres pays du monde, il existe une saison plus propice à la pluie. 
[Inspiration : Le personnage Robert "Bobby" Shaftoe du Cryptonomicon de Neal Stephenson, qui compose des haïkus occidentaux comme il respire.
Sources : Wikipedia en FR et EN]
Mardi, 29 mai 2007
Un beau jour, je me réveille. J'ai dans la tête une lumière qui s'est allumée. Hier, elle n'était pas là. Elle est apparue ce matin. Étonné, je questionne Vinciane. Elle n'a aucune idée. Moi non plus, j'avoue. Le plus étrange, c'est qu'à ma connaissance, une lumière dans la tête, c'est impossible. D'ailleurs, je dis lumière à défaut de mieux. Et je serais incapable de mieux. Je me penche sur le couffin de Lorelei. Elle dort à poings fermés, littéralement. Un soubresaut dans sa respiration, elle laisse échapper un soupir vocal. Elle est comme hier : à croquer, paisible, radieuse. La lumière est toujours là ; elle n'a pas bougé ; elle brille discrètement.
Je me prépare et me rends au bureau. Arrivé, je salue tout le monde. J'ai le sourire ; la lumière me donne bon espoir que l'avenir sera agréable. Inattendu, cette histoire. Un petit rien qui change tout. Pourtant, je ne sais rien de ce rien. J'ai confiance, à tort peut-être. Le jour où j'apprendrai que j'ai une tumeur maligne, je pourrai me dire que je n'ai pas voulu voir les choses en face. En attendant, cette lumière est là et bien là. Elle éclaire ma journée ; pourquoi tenter de comprendre à tout prix ?
De retour à la maison, je suis accueilli par Vinciane et Lorelei, tout sourire. Je songe, vraiment, il n'est pas nécessaire de chercher trop loin. Je dois plutôt me demander pourquoi la lumière n'était pas là avant.
Mardi, 8 mai 2007

Ma petite pratique le Pollock lactique.
Lundi, 23 avril 2007
Je n'ai pas un gramme de trop. J'arbore une silhouette d'athlète. Je me targue des conquêtes les plus convoitées.
Je dors tout au plus 3 heures par nuit.
J'ai un quotient intellectuel de 163.
Je peux démontrer les failles du théorème de Gödel.
Je surveille le trafic de l'information sur un tiers du globe.
Je suis l'héritier d'une dynastie au sang plus bleu que bleu.
Je ne compte plus les milliardaires envieux de ma position.
Je possède le plus gros capital de l'Histoire.
Je consens d'incomparables libéralités.
J'administre la moitié des entreprises de la planète.
J'exerce une mainmise sur la majorité des partis politiques du continent.
Je dirige la destinée de l'Humanité inconsciente.
Je...
J'ai pas d'ami. J'suis tout seul.
Mercredi, 11 avril 2007
<?php class child { var $birth; function child($dateOfBirth) { $this->setBirth($dateOfBirth); $this->cry(); } function cry() { print("OUIIIIIIN !"); } function setBirth($dateOfBirth) { $this->birth=$dateOfBirth; } } class nell extends child { var $isBeautiful; var $isWonderful; function nell($dateOfBirth) { parent::setBirth($dateOfBirth); //Does not cry $this->smile(); $this->isBeautiful=true; $this->isWonderful=true; } function smile() { print("  "); } } $pitchounette=new nell("2007-03-17"); ?>
Jeudi, 15 mars 2007
Écriture automatique. Exercice de fond aussi bien que de forme. Quand le temps court-circuite les désirs ; quand la matière prend le pas sur l'énergie ; quand les moyens ne sont plus justifiés par la fin ; que la fin n'a plus d'issue que l'arrivée imminente. Phrases sans verbe, mots qui se suivent mais ne s'enchaînent pas. Quel intérêt peut avoir une telle démarche ? La course au sens emporte tout sur son passage. Le temps imparti sera-t-il écoulé avant que l'homme n'ait pu atteindre son but ? Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'ère (ou ère-je) ? Tant de questions sans réponse. Toujours les mêmes. Atome de fiction, certes, mais où est la fiction ? Le questionnement infondé en est-il ? L'essai infructueux et non transformé peut-il avoir valeur de fiction ? Fiction : « Œuvre littéraire bâtie sur l’imaginaire, l’irréel ». Je ne suis pas réel, donc, ou ceci n'est pas fiction. « La deux, Monsieur ». « La une ? » Ou les deux, comme toujours. Blanc/noir. 1/0. Binaire. Bit. Information. Le sens n'est pas loin, mais il échappe toujours à qui le cherche trop ardemment. Foutu, alors. C'est la fin.
Mercredi, 17 janvier 2007
— Tibiliiii
toumtoum rawaaaahoungaaaa zoumzoumzoum yihaaaa.
Tout
le monde se tint immobile, feignant ne rien avoir entendu. Sauf la
petite.
— Dis
papa, c'est quoi ça ?
Le
père pressa délicatement la petite main qu'il tenait
dans sa grande. Simultanément, il plaça l'index de
l'autre main à la verticale devant ses lèvres pincées.
— Chuuuuuut,
laissa-t-il filtrer.
— Tibiliiii
toumtoum rawaaaahoungaaaa zoumzoumzoum yihaaaa.
— Quoi,
papa, c'est quoi ?
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